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[Critique Manga] Beck, le manga rock!

 

 

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Salut chers lecteurs ! Aujourd’hui, on attaque un gros morceau avec le manga…Beck ! Vous aurez, bien entendu,  compris le jeu de mots qui précède la phrase que vous lisez actuellement pas vrai ? Non ? Bon ben il est temps de s’attarder sur l’une des perles du shônen de ces dernières années.


 

Let’s Rock !

 

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 Certains shônen empruntent parfois des voies différentes de celles de  leurs semblables : certains font dans le tranche de vie (Mitsuru Adachi pour Touch) d’autres choisissent un thème à part (Takashi Hashigushi pour Yakitate Ja-pan !!). Harold Sakuishi, lui, mélange les deux, à l’instar de Nana, bien que de manière shônesque cette fois, on se l’accorde !

 

Mais le tour de force de l’auteur, c’est que loin de nous servir du slice of life  banale, il nous invente une histoire ancrée dans un réalisme profond.


 

Once upon a time

 

 

Koyuki Tanaka est un adolescent de 14 ans comme les autres. Il n’a pas de passion, juste une  admiration pour la dernière idole en vogue au Japon. Un jour, il fait la rencontre de Ryusuke, qui changera à jamais son destin : celui-ci veut monter un  groupe de Rock. De fil en aiguille, il s’avérera que Koyuki possède un don évident pour la musique, tout particulièrement lorsqu’on l’entend chanter : sa voix transmet des émotions…



Guitar's lessons !


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Les bases sont posées, les membres du groupe trouvés : Chiba, le rappeur et chauffeur d'ambiance, Ryusuke, le guitariste de génie et leader de la bande, Taira, bassiste hyper classe, Saku, plein de promesses à la batterie, et Koyuki, 2nd guitare et 2nd voix...Qui ne sait absolument pas gratter et n'y connaît absolument rien à la musicologie.


Il commencera donc tant bien que mal en autodidacte, puis avec l'aide de M.Saito, un ancien nageur olympique fan du bon vieux rock anglais qu'il rencontre à la piscine (bah tiens). Le groupe nouvellement formé peine à payer la location d'un studio pour pouvoir s'entraîner correctement  et créer de nouvelles compositions. Tout le monde dégote un petit boulot à côté de ses études, les prestations s'enchaînent avec un  succès relatif. Beck  se fait une petite réputation dans les clubs....Doucement mais sûrement, notre guitariste en herbe commence à rattraper son retard.

 

Je ne peux m'empêcher d'être concernant la narration de l'œuvre où l'on retrouve vraiment les hauts et les bas de la vie quotidienne. Koyuki trime bien pour apprendre, mais il est loin d'être parfait ; à l'école, le pauvre se fait exploiter ; enfin côté sentimental c'est pas la rose non plus.

 

Quant aux scènes de concerts, de répétitions, elles sont tout bonnement superbes, c'est même  l'un des  intérêts du titre : beaucoup critiquent la version papier « parce qu'un manga de rock sans son, ça ne le ferait pas »...Personnellement je frissonnais en voyant  ces planches qui retranscrivaient parfaitement l'ambiance d'une scène de concert.

 

 

American People



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L'une des  originalités  de Beck, c'est de confronter la jeunesse américaine en la personne de Maho(soeur de Ryusuke enjouée, dynamique, bilingue et fêtarde) à la Japonaise avec Koyuki (timide, banal, pas trop classe et monolingue). Ainsi les « je t'aime, moi non plus » s'avèrent très intéressants : d'une part, parce que l'on se reconnaît bien en Koyuki, mal à l'aise avec les amis anglais de Maho qu'il ne comprend absolument pas ; d'autre part avec Mahô qui n'en a que faire des règles de bonne conduite à la japonaise. Leur relation connaîtra divers rebondissements que Sakuishi exagère à la fin du récit, il fallait bien tenir le public en haleine.


 

Slice of Life ,Life goes on


 

Beck apprend qu'il va pouvoir jouer au greatful sounds, un évènement rock dans lequel 3 scènes donnent lieu à des performances musicales et accueillent des milliers de personnes. Il leur en aura fallu du chemin et des péripéties pour y parvenir (13 tomes en fait), mais c'est la chance pour nos héros de se faire connaître au Japon. Je dis au Japon, car entre-temps, Beck est parvenu à sortir un CD à l'étranger, qui s'est assez bien vendu parmi les indies, mais faute de droits ils ne toucheront aucune royalties...

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Malgré cette petite réussite et l'apparition de Koyuki en train de chanter dans un film reportage sur les Dying Breed (groupe à la renommée planétaire et au passage ami de Ryusuke) ça ne suffit pas pour briller au pays du soleil levant. Beck se dissout  après leur concert  du greatful sounds suite à une discorde entre les membres...ils finissent par se rabibocher et partent pour une tournée...Aux Etats-Unis. J'arrêterai  là les spoils, mais toutes les difficultés que peuvent rencontrer des artistes sont traitées avec justesse : doutes, scission, réconciliation, ect....

 

Maintenant je vais me contredire un peu. .. Si les relations qu'entretiennent les protagonistes entre eux, la façon dont ils parviennent à percer tiennent la route...  Les passages qui s'axent autour de Ryusuke et Leon Sykes sont mal calibrés. Ryusuke se verra presque à chaque fois plongé dans des situations désespérées. Il tiendra à chaque fois un pari très risqué avec son adversaire, qu'il remportera ....Que voulez-vous, il fallait un petit peu de piment et de suspens dans ce manga ! Il y a aussi une touche « fantastique » avec  le fameux "rêve" que font en commun tous les membres du groupe et la légende autour de Lucille...Mais les débordements de l’auteur  s'arrêtent là.

 

 

Culture Rock


 

Vous allez en apprendre des choses : comment le chanteur X a créer telle chanson, comment M. Z est mort, les références aux groupes et chanteurs rocks fourmillent (des Beatles, en passant par Jimy Hendrix et Kurt CObein, Rage Against The Machine, les Red Hot, ect...). Beck est une véritable bible qui parsème ci et là des informations des plus intéressantes. Le mordu sera ravi, le noob apprendra.

 


The end


 

Un très, très, très bon manga. Réaliste à presque tous les niveaux, Beck se lit extrêmement vite du haut de ses 34 tomes. Le récit gagne en intensité lorsqu'un drame des plus inattendus survient en cours de route.... A lire absolument. Notez qu'il existe aussi l'anime ainsi qu’un film sorti tout récemment !

 

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[Critique Manga] Old Boy, le manga qui gâche tout

 

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Et oui, ce titre peu glorieux pour un manga qui aura pourtant su me tenir en haleine pendant près de 8 tomes. Cette œuvre qui se lit comme on mange des pâtes à midi. Ce titre à l’ambiance et au pitch de départ très bon qui a donné naissance à un film primé au festival de Cannes en 2004. Ce trait qui lui permet d’être reconnu entre tous, et cette narration relativement bonne. Alors, pourquoi ne taris-je pas d’éloges et insiste sur le fait qu’Old Boy version manga, gâche tout ?

 


Un bon départ



Gôto Shinishi, un homme ordinaire, se fait kidnapper  alors qu’il rentre chez lui après une soirée arrosée. Il ne  sait pas pourquoi, mais il va être enfermé durant 10 longues années, au cours desquelles son unique passe-temps sera d’imiter des artistes-martiaux et autres sportifs  tout en regardant la télé, son seul lien avec le monde extérieur. Du jour au lendemain et de la même manière, il sera relâché par ses geôliers. Maintenant que Gôto est dehors, il aimerait savoir pourquoi on lui a enlevé 10 ans de sa vie, comme ça ?

 

Le pitch est lancé, et il sent bon en plus. Qu’on se le dise, Old Boy prend un parti graphique qui vous plaira ou non, l’auteur ne lésine pas sur les gros pifs de la gent masculine, hormis cet aspect, lles planches demeurent objectivement de bonne facture: trames et encrages maîtrisés, découpage nette. Il ne faut pas oublier que Gôto aura besoin de flair, d'où son gros pif ahaha ! Bon j'arrête là les blagues pouraves...


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Les 8 tomes se lisent à  vitesse grand V : les dialogues ne sont jamais superflus, on va toujours à l’essentiel, on avance très vite. Les indices sur la disparition de Gôto et sa vie en « prison » sont disséminés au compte-goutte, ce qui entretient le suspens tout au long de  la série.


Le titre se révèle donc presque sans défaut dans son déroulement, dosant savament action et enquête.


Le personnage principal est classe, il faut l’avouer : élégant, mature,  intelligent et en plus, il est fort… Bien construit, le développement de Gôto est franchement bien mis en scène, rien à redire. Il en est de même pour tous les personnages qui l’entourent : chacun à son petit rôle à jouer dans l’histoire.



Le film et le manga


 

Le seul point commun entre le manga et le film, c’est bien évidemment le pitch de départ, à la différence que Gôto n’était pas marié lorsqu’il s’est fait enlever et qu’il n’avait pas d’enfant non plus, contrairement à la version cinéma.

 

 

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Celui-ci se  penche énormément sur la vengeance désespéré d’Oh Dae-su(le film est Coréen), cette vengeance qui le détruira psychologiquement (et physiquement) et montre sa longue descente aux enfers. Tout l’inverse du manga en fait, où l’on retrouve un personnage certes, un peu ébranlé par le fait d’avoir été enfermé pendant 10 ans, mais psychologiquement très équilibré.

Si l’envie de se venger lui traverse l’esprit, il n’en fait pas sa quête principale et cherche plutôt à savoir le pourquoi de cet enfermement. Suite à cela s’ensuit une enquête poignante et rondement menée qui amènera Gôto à se confronter à celui qui l’a enfermé… Et là, ça commence à sentir vraiment très bon.

 


Un récit subtil



Le manga devient véritablement prenant lorsque la victime et le commanditaire de son enlèvement se confrontent enfin. Celui-ci propose un jeu à notre héros : s’il parvient à découvrir pourquoi il a été enfermé, le vilain de l’histoire annonce qu’il se suicidera, rien que ça ! A l’inverse, s’il ressort victorieux et que Gôto ne trouve pas, c’est lui qui sera tué…

N’ayant pas le choix, il accepte, fouillant dans les méandres de ses souvenirs afin de se rappeler ce qu’il a bien pu faire, lui qui n’a pourtant jamais fait de mal à personne. Gôto devra  faire appel à ses anciennes connaissances afin de déterminer l’acte « odieux » qui lui a attiré la rancœur de son geôlier…


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Et la tâche ne s’avèrera pas aisée, la quête de vérité va sérieusement se corser. Il est agréable tout au long du manga de voir le héros en apprenti détective sur les traces de ce mystère. Son enquête se fait de manière réaliste, où en tout cas assez vraie pour que l'approche choisie convainct le lecteur.

  Gôto est l’archétype du héros ordinaire, lui qui ne prétendait qu’à une vie monotone et simple avant de se faire enlever. Le voilà face à une situation des plus délicates, ajouté à cela le fait qu’il ne devra presque compter que sur lui-même, il aura fort à faire pour s’en sortir.

 

 

Une fin amère

 

 

 

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Les deux derniers tomes font monter l’intensité du récit de manière fulgurante : Gôto s’approche de plus en plus de son but, la confrontation finale est proche et tous les acteurs de cette fabuleuse chasse  à la vérité sont réunis, seulement….


L’avant et le dernier chapitre déçoivent… beaucoup. Si les recherches de Gôto, sa confrontation psychologique avec son geôlier, ses recherches sur ses souvenirs enfouis fisaient tout le seul de l'oeuvre, la fin sonne comme un pet dans une église. Un gros « PROUUUUUUUUT », vulgaire et sans subtilité.


Toutes ces bonnes idées tombent à l’eau, c’est l’incompréhension. Je vous laisse le soin de lire cette fin, mais l’on ne peut s’empêcher d’être profondément déçu. Les 8 tomes tiennent pourtant leurs promesses : histoire captivante et scénario digne d’un thriller, en revanche, fin digne des plus grands nanars.


Conclusion : Old Boy est un excellent manga, rien à redire. Cependant, il vous faudra préférer la fin du film, plus inventive et censée que celle de l’œuvre originale dont il est issu. Dommage,  car le récit s’avère palpitant, presque de bout en bout.

 

 

 

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[Critique Manga] Akira, le roi du Manga.


 

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Plus connu dans sa version cinéma, Akira est un manga culte des années 80 scénarisé et dessiné par Katsuhiro Otomo (Steamboy, Memories). Vénéré par beaucoup d’otakus comme étant le saint Gräal du genre SF du manga, cette œuvre aura demandée pas moins de dix longues années de prépublication….pour un total de 14 volumes seulement au final. 14 volumes en 10 ans, c’est très peu, malgré le fait qu’Akira soit un seinen. Comment expliquer ce rythme de parution au compte goutte, et surtout l’engouement qu’a su susciter cette série à l’époque ? Et bien tout d’abord, faisons un petit topo sur l’histoire….

 


 

Le topo

 



L’histoire se déroule en 2030 pour notre version française (et colorisée) : Néo-Tokyo est une mégapole ou règne les guerres de gang, la corruption et tout ce qui s’ensuit : violences, vandalismes, drogues, perte des repères chez les jeunes, c’est la débandade totale.

 

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Tout ceci s’explique bien sûr : en 1992, Tokyo fut détruite par une gigantesque explosion qui causa la 3ème grande guerre mondiale, rien que ça ! Quand on voit comme l’anneau de Sauron a foutu le bordel dans les terres du milieu, on n’imagine pas après l’explosion complète d’une ville…

On revient en 2030 : Kaneda et sa bande de motards font une virée en ville et Tetsuo, le petit protégé de la bande, subit un malencontreux accident en tentant d’éviter un gamin plus ridé qu’une personne du 3ème âge… Après cet épisode douloureux, Tetsuo se découvre des pouvoirs psychiques qu’il est incapable de contrôler : il subira de nombreux tests, capturé par l'armée qui le maintiendra en quarentaine… Et nous voilà embarqués pour une épopée de 14 tomes menés tambours battants.


 

Une aventure haletante

 


 

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Akira ne se lit pas : il se vit. Soyons clairs, la narration d’Otomo a quelque chose d’absolument fascinant, de bout en bout, il est quasiment impossible de décrocher. Loin de l’image plus posée et mature que véhicule les seinen, nous découvrons une série nerveuse, énergique, avec de la testostérone. Le découpage de l’auteur fait très certainement partie des plus efficaces qui soient. Difficile de ne pas succomber, Jonh MaClane lui-même aurait dû mal à suivre les aventures pleines de rebondissements de Kaneda et de sa troupe. On court dans tous les sens, les balles fusent, les courses poursuites s’enchaînent, un vrai film d’action qui ferait pâlir Rambo et pourtant les bases de l’histoire se posent, elles, en douceur. Alors comment expliquer ce rythme de parution qui devait être absolument insoutenable pour l’otaku lambda  à l’époque ?

 


OTOMO, un mec posé


 

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"Oui, je déclare solenellement que ce blog péte sa race"

 

Un récit poignant, des pages qui transpirent l’action, un découpage à faire pleurer nombre de mangakas et pourtant… Une publication d’une atroce lenteur. Mais pourquoi ? Otomo, c’est tout simplement quelqu’un qui aime faire les choses bien, voire très bien. 


« Vite et bien », c’est la manière dont on lit son manga. Il en est tout autrement pour son rythme de travail. Après avoir enchaînés coup sur coup les 14 tomes, on est forcé de prendre en compte le boulot de l’auteur sur le background : tous ces petits détails qui foisonnent et qui font d’Akira une merveille tant dans le déroulement de son histoire que dans l'évolution de ses personnages.

Tout est fait sur mesure, tout est amené au moment   opportun, rien n’est laissé au hasard. Ainsi, Katsuhiro sait nous surprendre en plein milieu du récit en faisant disparaître (parfois définitivement) certains de ses protagonistes principaux. Et je ne parle pas d’une disparition à la Naruto avec un héros façon Sasuke qui se barre, non je parle d’une disparition qui trouble complètement le récit pour se concentrer sur une nouvelle héroïne…Un petit peu à la manière de « Coq de combat » pour les connaisseurs !

Un chamboulement des plus appréciables, qui tient la route de surcroît, que voulez-vous, c’est ça le talent : nous pondre un récit qui met son temps à sortir, mais ne déçoit absolument pas. Ajouté à cela le trait de l’auteur semi-réaliste qui donne une force accrue à cette aventure dantesque, et vous obtenez un chef d'œuvre du 9ème art.

 



Zoom sur le background

 

 


Non, le mot utilisé n’est pas fort, je me dois de ne pas tarir d’éloges sur ce background et d’aller un peu plus loin ! Akira peut se découper en deux parties bien distinctes : la première, avec Kaneda et sa « bande » qui se forment au fur et à mesure, et la « suite ».

Dans la première partie, on découvre ce que pourrait devenir une jeunesse laissée pour compte, livrée à elle-même, c'est-à-dire…pas grand-chose. À quoi bon se chercher un avenir dans un monde ou il n’y en a pas ? Kaneda et ses potes sont à la recherche de plaisirs immédiats afin de s’évader de cette galère quotidienne : drogues, désintéressement total pour les études, recherche d’adrénaline pendant les courses de motos…. C’est le terrible portrait d'adolescents assez proches de nous finalement, qui ne s’applique pas qu’à ces héros. Dans ce monde futuriste, le mangaka  nous apporte une vision généraliste d'une jeunesse perdue, quelle que soit l'époque à laquelle elle vit.

 

On se penche aussi sur les adultes, qui eux, se contentent d’observer d’un œil critique ces voyous, de suivre l'opinion publique sans pour autant agir… Dans la 2nd partie, les hommes faibles iront chercher refuge auprès de plus fort qu’eux, preuve d'un besoin d'être soutenus et aidés, tandis que les djeun's tenteront d'ériger un nouvel empire dans le chaos, une envie d'être indépendant et de construire un avenir de ses propres mains se démarquent comparé aux adultes qui se contentent, une fois de plus, d'être simple spectateur.

 

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Difficile de dire qui est le véritable héros de l’histoire. Là où certains se contentent de nous présenter une galerie de personnages charismatiques avec une esquisse de caractères et de passés vaguement entrevus, Otomo, lui, n’y va pas avec le dos de la cuillère…On ne saura presque rien du passif de nos héros : il préfère nous montrer la nature profonde de ses héros.  Kaneda représente le gars courageux, prêt à faire preuve des coups les plus fourbes, parce que c’est aussi là une facette du courage. 

Tetsuo nous est décrit comme un personnage instable, qui tente de prouver aux autres sa valeur sans y arriver, étant considéré comme le petit frère de la bande : ainsi, ses pouvoirs lui donneront l’envie de prouver sa supériorité aux autres, ce qui nous montre au final son complexe d’infériorité.

Enfin Kay, est le portrait de la jeune femme idéaliste, forte et pleine de convictions. Notons que Kiyoko et le colonel Shikishima sont les seuls adultes à se démarquer véritablement dans le récit.

 

 

Du manga au film


 

1988 et boum, voilà Akira le film. 1991, la bête franchit les terres francophones, ce qui permet au français de base de l’époque de se rendre compte que le manga ne comporte pas que des jeunes filles aux formes généreuses qui se font ***** de toutes parts par des tentacules de monstres venus de l’espace. 

C’est l’ovation la plus totale, la fête au village, la foire à la saucisse, appelez ça comme vous le voulez, les femmes jettent leurs sous-vêtements en pleine salle de cinéma, c’est la folie, Akira ouvre une voie royale à la japanime en France, trop souvent critiquée à tort.


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S’il est indéniable que le film est à voir, qu’il est superbe visuellement et qu’effectivement son scénario est accrocheur, il ne contient pas la richesse du manga, bien qu’il en conserve au moins l’essence pour avoir su capter l'attention du public. Ne faites pas l’autruche et lisez le  si vous le pouvez, sinon le film est un bon en-cas avant le quatre heures qu’est la version papier.



Mais… Et les défauts, y’en a non ?



Bah non…Bon ok, je ne suis pas très objectif là, le seul défaut de l’œuvre, c’est (peut-être) sa légère perte de rythme vers les tomes 8/9 dû à des dialogues entre scientifiques relous… Le récit va tellement vite en besogne (sans gâcher le plaisir de la lecture) qu’il devient difficile de lire des bulles qui n’ont pourtant pas tant de dialogues que ça ! C’est un peu comme si  à la place de Terminator 3, vous regardiez subitement Benjamen Button…. Rien de bien méchant, au contraire, on reprend un peu notre souffle avant de repartir de plus belle !

 

Akirira bien kirira le dernier !



Ne cherchez pas le sens du titre de cette sous-partie, j’avais seulement envie de finir sur une blague potache. Akira mérite au moins d’être lu si vous ne pouvez pas vous permettre le luxe de vous l’approprier. Histoire et trait irréprochables, action à gogo, récit haletant et poignant, voilà là un chef d’œuvre du seinen. Rarement un manga ne m’aura autant  passionné. La version couleur est plutôt pas mal, mais la celle en noir et blanc est disponible en 6 tomes double…A vous de voir, quel que soit son format et sa version, un chef-d’œuvre reste un chef-d’œuvre !

 

 

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