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Interview du Shadonia Magazine !

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Peut-être êtes vous passés à côté, mais le 10 septembre dernier, Shadonia Website, un site spécialisé dans les figurines, nous proposait le 1er webzine en France ayant pour thème principal… ? Raaah, quel suspens ! Les figurines ! A l’instar du blog Paoru.fr et de bien d’autres j’imagine, je me suis permis d’envoyer quelques questions au sujet de ce projet à Leonia qui m’a gentiment répondu ! Que voulez-vous, Otakritik est un blog qui sait être djeun's et surfer sur la vague du succès...  En espérant que cette interview vous plaise, elle est assez longue du haut de ses 20 questions, soyez forts les otak !

 


Yomigues : Tout d’abord merci encore d’avoir accepté cette interview ! Pourrais-tu te présenter brièvement aux modestes lecteurs de ce blog ? Parle-nous aussi de ton partenaire !


 

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Leonia : Je suis Charline aka Leonia, rédactrice et photographe attitrée de Shadonia que je tiens avec mon compagnon Stevens aka Shad qui est le webmaster et le graphiste du site. On partage ensemble la même passion pour le Japon, la Japanimation et surtout la collection de figurines.

 


Y : Dis-nous ton shônen, ton shôjo et ton seinen préférés que cela soit en manga ou en animé ?

 

L : Globalement je préfère le shojo (étonnant pour une fille), mais je peux m'en éloigner lorsqu'une série m'intéresse. Dernièrement j'ai eu un coup de coeur pour l'anime Ano Hi Hana no Namae o Bokutachi wa Shiranai. Concernant l'actu' manga je ne suis pas à jour donc c'est plus délicat de choisir, j'avais récemment bien aimé Soul Eater, Pandora Hearts, Dengeki Daisy ou encore Appartement 44.



Y : Pour tenir un site qui gravite autour des figurines,  tu dois être une vraie addicte !  Quand a débuté cette passion ?


 

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L : J'ai toujours eu plus ou moins un goût prononcé par l'univers manga anime et ce depuis le collège. Mais c'est il y a quatre ans que j'ai découvert l'existence de la figurine et ça a été le début de la ruine financière avec mon inscription sur le forum français Figure Maniax.

 

Y : Y a-t-il une marque de figurine que tu affectionnes plus qu’une autre ?

 

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L : En terme de qualité, j'aime beaucoup ce que fait Alter notamment leurs dernières productions (Momohime, Dizzy). En terme de choix de licence/personnages, j'aime aussi beaucoup ce que fait Good Smile Company et Max Factory. Ce sont souvent des perso très moe !

 

Y : Tu dois bien avoir une collec perso non ? Combien de figurines possèdes-tu ? Fais-nous peur !

 

L : Oula ! C'est difficile, car la collection est désormais commune entre Shad et moi. Nous remplissons deux Detolf (vitrines) avec des Résines et Garage Kit et quatre étagères des cinq Billy (bibliothèques) que nous avons. Je pense que l'on doit avoir plus de 150 figurines tous types confondus. Ah et nous avons aussi un Stitch échelle 1/1 à côté de notre télévision. Alors, ça fait peur ?

 

http://www.nekomagic.com/figure_news/201007/alter_momohime07.jpg

 

Y : Oui, je flippe ma race ! Je suis un très récent lecteur de ton site que j’ai découvert par le biais de l’agrégateur Nanami.  Comment l’aventure Shadonia a-t-elle commencé ?


 

L : Elle a commencé comme tout site ou blog avec l'envie de partager quelque chose en l'occurrence des photos de figurines. Peu à peu le site a évolué et s'est ouvert à la culture japonaise, mais demeure spécialisé dans la figurine.

 

Y : Shadonia existe depuis presque  3 ans et demeure assez éclectique dans son contenu, aviez-vous prévu cela dès le départ ?

 

L :Non comme je l'ai dit au départ on voulait juste faire de la figurine, car c'est difficile de couvrir l'ensemble de la Japanimation et certains sites le font déjà très bien. Toutefois nous avons eu l'envie de partager nos lectures, nos visionnages, etc, c'est pour ça que l'on s'est diversifié. Depuis plus d'un an, tout s'est accéléré et le site a pris de plus en plus d'ampleur, une chose que nous n'avions pas prévue par contre ! Mais c'est une bonne chose, ça montre que le contenu intéresse.

 

Y : Les shootings de vos figurines sont vraiment superbes.  Si j’ai bien compris, tu es à l’origine de ces photos ? As-tu une formation ou bien es-tu autodidacte ? Quel appareil utilises-tu ? Comment se réalise une séance classique de shooting pour toi ?


http://csimg.webmarchand.com/srv/FR/00000254rsys153022402/T/340x340/C/FFFFFF/url/nikon-d3100-1855-55200vr.jpg

L : Oui c'est bien moi qui m'en occupe. Je n'ai aucune formation ou diplôme j'ai appris par les biais d'un conseil d'un ami qui photographiait aussi des figurines (James d'Exelica Meteor) et puis je me suis perfectionnée de moi-même au fur et à mesure. Depuis quelques mois maintenant j'utilise le Nikon D3100 avec trois objectifs (18-55, 55-200 & 50).


 

http://www.shadonia.com/site/wp-content/uploads/2011/05/DSC0462.jpg

A noter que toutes les photos du mag ont été faites avec le 50mm que j'ai depuis le mois de Juillet. Par contre même si j'ai un matériel semi pro mon installation est tout à fait sommaire, d'ailleurs je pense que beaucoup seraient étonnés de voir le bordel que je peux mettre quand je commence un shooting. En général je passe 30 bonnes minutes à faire mes photos une fois que j'ai trouvé les réglages, le fond et l'ambiance adéquate, mais trouver tout ça peut me prendre parfois plus d'une heure. C'est une question d'inspiration. Par contre quand je vais en extérieur je prends juste des figurines dans mon sac, je mets mon appareil photo autour du cou et je vais balader. Je peux revenir avec 10 photos comme 150.

 

Y : Dans ton billet « Shadonia Magazine, le projet », tu écris avoir été en relation avec beaucoup de personnes qui vous ont conseillé. Quelle est la nature des conseils que l’on vous a fournis ? Ces personnes travaillent-elles déjà pour des magazines ?


L : Aucune ne travaille pour un magazine, ce sont des amis surtout qui nous ont donné leur avis sur le design, le sommaire, la disposition, les photos, en gros l'aspect technique. Nous débutions et ne savions pas comment aborder la chose. Ces conseils nous ont aidés à avancer plus sereinement.

 

Y : Quel a été le processus de création de votre magazine, étape par étape ?

 

 

L : Pour ce premier volume, le processus a été chaotique. Pendant que je m'occupais du contenu, Shad s'occupait de trouver le design, mais du coup nous avons parfois travaillé sur une même page plusieurs fois, en travaillant sur d'autres entre temps. Nous nous sommes mal organisés, mais maintenant que la base est faite ça sera plus simple.

 

http://www.total-manga.com/images/Article/FR-3-58863-B/shad-amp-leonia.jpg

 



Y : Comment es-tu rentrée en contact avec Wanaca pour la création de ta mascotte ?

 


http://www.shadonia.com/site/wp-content/uploads/2011/08/sanapresentation.jpgL : Inscrite sur DeviantArt j'aime bien découvrir des artistes et j'ai découvert les travaux de Wanaca il y a quelques mois. J'envisageais d'ailleurs de lui demander une commission personnelle. Au final lorsque j'ai montré à Shad tous les illustrateurs qui prenaient des commissions, nous sommes tombés d'accord sur Wanaca. Je lui ai donc envoyé un message en lui expliquant ce que l'on voulait, ce que l'on comptait en faire et le tour était joué. Wanaca travaille très rapidement et très bien qui plus est à chaque fois que nous avons découvert Sana, nous étions comme deux gamins devant un cadeau. Et puis nous avions hâte de la présenter, Shad a dû me demander trois ou quatre fois si ce n’était pas possible de la mettre sur le site avant le magazine.

 

Y : Combien de temps la création du magazine vous a t'elle prise? Cela vous a-t-il coûté de l’argent ?

 

 

L : Nous avons travaillé de façon intensive pendant un mois et demi, mais c'était les vacances, c'est pour ça que nous avons décidé de faire une forme trimestrielle, car nous ne pourrions pas reproduire ça dans un contexte normal. Au niveau de l'investissement, il a été moins important que si on avait dû sortir une version papier, mais la conception de Sana nous a couté de l'argent oui.

 


Y : Si les retours restent positifs et que le succès se fait grandissant, songez-vous à être publiés dans les kiosques ?


 

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L : Si on pouvait aller jusque-là bien sûr qu'on aimerait ça serait quand même une belle consécration. Maintenant il faut rester réaliste, le marché du magazine n’est pas très viable et le notre touche un public très spécialisé. Je ne sais pas si ça pourrait fonctionner. Par contre on envisage de tirer des exemplaires papiers de nous même comme le font les fanzines. Ça ne serait peut-être pas en grande quantité, mais c'est une chose envisageable. Nous aimerions en tout cas, maintenant il faut voir comment on pourra réaliser ça, dans un premier temps on cherche à s'assurer que la communauté répondra présente.

 

Y : Avez-vous conscience que vous allez probablement ouvrir une voie dans ce style de magazine et que beaucoup de personnes se baseront sur votre modèle pour vous emboîter le pas ?

 

 

L : À vrai dire on n'y avait jamais pensé. Nous savons qu'à l'heure actuelle nous sommes les seuls à proposer sous cette forme un contenu avant tout tourné vers la figurine. Après peut-être que cela ouvrira la voie à d'autres, l'avenir nous le dira.

 

Y : En parlant de modèle, avez-vous vous-même pris une base de départ comme « Animeland » pour la création de Shadonia n°1 ?


 

http://www.komikku.fr/blog/pics/manga/animeland146.jpgL : Nous ne sommes abonnés à aucun magazine, par contre il est vrai que lorsque l'on a commencé à réfléchir sur le projet nous avons regardé ci et là ce que les autres proposaient. Mais par les autres je n’entends pas seulement dans le milieu de la Japanim' nous nous sommes par exemple aussi inspirés du magazine de notre ville, c'est pour dire ! Mais le but était vraiment de proposer quelque chose qui colle au site, que les lecteurs ne se sentent pas perdus en terme de design en découvrant le mag'.

 

Y : Est-ce toujours avec le même plaisir que tu rédiges une critique sur une figurine ? Ou bien avec le temps, ta passion s’est-elle un peu émoussée ?

 

 

L : Non la passion est toujours présente car ce sont sans cesse de nouvelles figurines qu'on aborde pas de la même manière. Il faut faire ressortir le meilleur de chacune d'entre elles et donc chaque shooting est différent. Il est vrai que je suis parfois plus emballée par certaines que d'autres. Par exemple j'étais vraiment très heureuse de faire celle de Rin Tohsaka Unlimited Blade Works (Good Smile Company) lors de la conception du magazine.

 

Y : As-tu la possibilité de nous en dire plus sur le contenu du prochain numéro ?


 

L : On nous avait demandé en commentaire plus de loli, alors ça sera chose faite. Nous travaillons aussi sur un dossier sur la figurine afin de donner de bonnes astuces et surtout ce qu'il faut éviter. Il va aussi y avoir (normalement) quatre pages de plus. Mais tout ça peut changer encore.

 

http://www.manga-news.com/public/News%202011/Sept/ShadoniaMagazine1-illus01.jpgY : Shadonia Magazine, dans un an, tu le vois comment ?

 

L : Dans un an, je ne sais pas, car tout dépend des lecteurs. Le démarrage a vraiment été bon maintenant il faut que cela dure. Si c'était possible j'aimerais en tirage papier de 50-100 exemplaires que l'on expédierait aux passionnés avec qui ont aurait vraiment noué des liens. Ah et je veux des goodies aussi. Une figurine serait la consécration, mais ça risque d'être irréalisable.

 

Y : Donne-nous ton avis sur le marché des figurines, son évolution à tes yeux au fur et à mesure des années dans les conventions et sur le web…


 

http://1.bp.blogspot.com/-vqZWHO6Ah-Y/ThGS3DIhwII/AAAAAAAAFBA/lHIUKpr5jI0/s1600/figurines-japan-expo-2011.jpg

 


L : En France ça évolue petit à petit même si beaucoup sont réticents à cause du prix que cela implique. Mais les fabricants commencent à s'intéresser à nous, la preuve à la Japan Expo cette année il y avait plusieurs fabricants (Good Smile Company, Clayz, Tsume, Square Enix et Kotobukiya) et un sculpteur (Takeshi Miyagawa).  Cependant, chose dommage, c'est que les gens ne pensent pas à la contrefaçon et ça attire certaines déconvenues. Sur le web par contre il y a beaucoup de communauté, je pense notamment au forum Figure Maniax ou à la database MyFigureCollection. Les photos de figurines fleurissent sur le net et c'est vraiment agréable à voir. C'est un domaine qui mérite d'être davantage connu.

 

Y : Un mot pour la fin ?


 

L : Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous soutiennent, qui nous envoient des messages ou des fan art. Lorsque l'on a fait ce magazine, on l'a fait en pensant aux lecteurs et voir que les retours sont globalement positifs et que l'information fait son bonhomme de chemin, c'est une satisfaction. Nous espérons que ça continuera de la sorte ! En tout cas, merci à toi !

 

Rooh mais non ! C’est moi qui te remercie encore ! Et nous, on revient dans quelques jours avec une critique manga, je sais que ça vous manque ;)

 

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[Critique Anime] Lady Oscar, la rose de Versailles

 

 A l’école, le big boss de l’histoire de la révolution Française, c’était moi. Les dates, je les connaissais sur le bout des doigts. Les principaux acteurs de cet événement historique, je les connaissais par cœur. Les 20/20, ils étaient pour moi. Mais ça n’était pas parce que j’étais bon à l’école et que j’apprenais mes leçons : c’était juste que je lisais Lady Oscar en manga à la même période. Mon récent visionnage de l’anime et le peu de shôjo présents sur le blog m’ont donc poussé aujourd’hui à vous parler de ce monument de la Japanimation.


 

Les origines



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La version papier de Lady Oscar voit le jour en 1972. Il faudra attendre 7 longues années avant que l’œuvre ne soit transposée à l’écran et rencontre le succès qu’on lui connaît. Brefouille, à l’exception des histoires avec la nièce d’Oscar, le manga et l’animé se suivent de près. Ils ont tout deux pour cadre la fin du 18 ème siècle et par conséquent, la révolution française. Un cadre, il faut l’avouer, idéal pour un shôjo  car propice au romantisme et à la tragédie.


Ce qui a probablement aidé à la popularisation de LRDV, au-delà du personnage d’Oscar, c’est aussi le dépaysement que propose la mangaka : les japonais découvrent une nouvelle culture, une nouvelle histoire : celle de la France, de Versailles et de ses bals costumés.


Plus qu’un simple divertissement, LRDV s’apparente presque à un documentaire qui propose une relecture romancé mais assez proche de la réalité. « Assez proche », car il faut tout de même un minimum de fantaisie et conserver un côté attrayant au titre. Le voleur masqué et l’exagération du côté exalté de Saint-Just en sont de parfaits exemples. On s’étonnera aussi de l’étonnante facilité avec laquelle Jeanne parvient à manipuler son entourage… La chronologie étant respectée à la lettre, nous fermerons les yeux sur ces écarts scénaristiques... Mais juste pour cette fois hein !

 

 

http://www.shinjuku-world.com/couv/mangas/ladyoscar03sp.jpg

 

LRDV concilie donc habilement l’histoire de la France et un ton épique qui se marient très bien au déroulement des évènements. Le récit couvre un pan conséquent de cette période en commençant par l’arrivée de l’Autrichienne en France (1770) jusqu’à son passage à la guillotine en 1793. 



Oscar François de Jarjayes


 

http://www.manga-news.com/public/Dossiers/LadyOscar55.jpgOui, l’animation  a pris un sacré coup de vieux. Oui, les protagonistes sont stéréotypés. Oui, il y a de la lumière partout quand les personnages parlent, même dans leurs yeux. Oui, la bande-son semble sortir la rose tellement elle est romantique.

 

Oui, oui, trois fois oui, c’est ainsi qu’a été conçu l’animé de Lady Oscar et on y peut plus rien, même si je vous l’accorde, c’est ultra kitsch. Mais la série jouit encore aujourd'hui d'une indéniable popularité : il semble que tels les bons vins, elle devient un meilleur cru avec le temps qui passe. La faute au personnage central de l'histoire probablement, Oscar.

 

Bien qu'elle n'éclipse pas totalement les acteurs principaux de la révolution française, elle leur ravit cependant leur popularité alors qu'elle n'a, dans les faits,  jamais existé. Oscar est une pure invention inspirée de François Augustin Regnier de Jarjayes, de même que son acolyte André et sa nourrice.

 

 

Une héroïne intrigante


 

http://ladyoscar1789.l.a.pic.centerblog.net/cwkihl29.jpgCe personnage s'avère être le plus intéressant, alors qu'ironiquement il est l'un des seuls qui soit fictif. Il va constater de ses propres yeux la déchéance et la misère dans laquelle la France plonge. Il sera confronté à la pauvreté du peuple et se prendra pendant un certain temps le revers de la médaille à la place de la bourgeoisie qui vit dans l'opulence de Versailles. Oscar évolue donc dans un contexte social difficile, sa classe de noble lui attirant l'animosité des prolétaires qu'elle souhaite pourtant aider, sans trop savoir comment.


Comme si cela ne suffisait pas à son malheur, elle va s'éprendre de l'amant de Marie-Antoinette. Le principal souci d'Oscar au sujet de cet amour, ça n'est pas tant que Fersen et Marie-Antoinette soient épris l'un de l'autre ; c'est plutôt qu'elle a été élevée comme un homme, afin de servir les intérêts de sa majesté et qu’à cet effet, elle se doit de garder pour elle cet amour qui lui brûle les ailes.

 

Depuis l'enfance, on lui a appris à refréner sa féminité pour devenir forte, pour devenir un soldat. L'éducation que lui fournira son père donnera au final naissance à un être androgyne torturé, dont le coeur vacille entre son devoir de soldat et ses sentiments de femme. De même, elle se posera des questions sur le devenir de la France et l'égalité des richesses alors que son dévouement et sa classe social voudraient qu'elle se limite seulement à servir la royauté.


 

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Ce qu’il y aura de plus dramatique dans ce shôjo, c’est que le grand amour de l'héroïne était là, sous ses yeux, mais qu’elle ne s’en était jamais rendu compte : André. Ses sentiments pour la jeune femme se confirment dès le départ, mais la belle n’aura hélas d’yeux que pour ce clinquant de Suèdois qu’est Fersen. Il attendra donc dans l’ombre que son amie finisse par se rendre compte de son amour.


Même s’il espérait un garçon, il est peu probable que le père le plus exaspéré décide d’éduquer sa fille en homme, qu’importe ses devoirs envers la famille royale… Mais en même temps, sans ce grain de folie, nous n’aurions jamais eu droit à ce protagoniste aux multiples facettes, Merci Ryoko Ikeda d’avoir bu un coup de trop !

 


Yuri, vous avez dit Yuri ?



Oscar apparaît la plupart du temps en uniforme, tout le monde à Versailles pensant d’elle qu’elle est un homme. Cette ambigüité physique du personnage permet à Ryoko Ikeda d’instaurer dans son manga les prémisses du genre Yuri. Oscar en viendra à s’occuper d’une jeune pauvresse, Rosalie, qui éprouvera pour elle des sentiments amoureux.



http://www.gtv-land.com/fichiers/princesse-saphir.jpg


 

Si Oscar reste hétérosexuel, le récit a le mérite de mettre en avant un sujet à l’époque encore trop peu exploité. Bien que très platonique,  cette « relation » influença de très nombreuses et nombreux mangakas dans les années qui suivirent, tout comme ce fut le cas quelques années auparavant avec « Pincesse Saphir » de Tezuka qui a probablement marqué l'auteur de LRDV.



Shingō Araki 


http://www.manga-news.com/public/images/authors/Shingo-Araki.jpgShingo Araki, dont le travail a été popularisé en 1986 avec Saint Seiya, n'est pas étranger aux personnages androgynes. Il a effectivement fait ses premiers pas avec Princesse Saphir, qui est (je cite wikipédia) « considéré comme le manga fondateur du genre shōjo, destiné aux filles, ainsi que le premier à introduire les thèmes de l'androgénie et du travestissement ».Ce chara-designer reste fidèle au trait de la mangaka bien qu'il préfère lui donner un peu plus de rondeur au départ, notamment pour l'adolescence des personnages dans « La rose de Versailles ».  Les visages se font plus fins avec les années qui défilent dans l'animé.

Il conservera cet aspect de son dessin dans les futurs projets pour lesquels il participera : Hokuto No Ken, Cat's Eyes, Albator 84, ect...



Réalisation

 

 

 

 http://www.cobraworld.net/universzero/images/OsamuDezaki_1.gifConcernant la réalisation, bien qu'elle soit pour l'époque exemplaire, elle n'est pas exempte de petits défauts. Tout d'abord, on s'étonnera des réactions très japonaises de personnages censés être français de pures souches ; il fallait s'y attendre, mais rien de bien méchant au point de le signaler ici. Ensuite, la réutilisation de certains plans, notamment pendant la révolution : revoir les mêmes figurants passer dans la même ruelle, ça saute tout de suite aux yeux... En dehors de ces défauts, la mise en scène est remarquable: l'opening donne immédiatement le ton, avec une Oscar dénudée entourée de ronces, métaphore représentative de sa fragilité de femme et de son fort tempérament à la fois. Dezaki Osamu et Nagahama Tadao  ont donc fourni un boulot admirable sur cette adaptation de l'un des plus grands shôjo de tous les temps.


 

Adieu, Oscar !



Malgré une animation plus toute fraîche et quelques défauts dans la réalisation, « La rose de Versailles" reste encore un must see de nos jours. C’est une plongée tragique dans les affres les plus sombres de l’histoire de la France et c’est plus efficace qu’un cours d’histoire.  Jetez-vous dessus !

 

 http://img247.imageshack.us/img247/6130/ladyoscar1pwzc1.jpg

 

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[Critique Anime] Arrietty, le petit monde des chapardeurs

 

Avant de commencer, je tiens à remercier tous ceux qui ont voté pour mon article sur l’aggrégateur Sama, ça m’a vraiment fait plaisir, merci à vous ;) Je tiens aussi à saluer tous ceux qui ont déjà rejoint la page facebook d’Otakritik, c’est un petit blog sans prétention, sans design de folie, donc ça me fait déjà énormément plaisir de compter parmi nous 21 personnes ! J’espère que vous serez encore plus nombreux à vous joindre à nous ! link

 

 

Voilà longtemps que je brûle d’envie de faire un article sur un Ghibli. Mon choix s’est arrêté sur « Arrietty, le petit monde des Chapardeurs ». Je ne l’ai pas choisi parce qu’il est la dernière mouture du studio japonais sortie chez nous, loin de là : je l’ai choisi parce qu’il est intéressant. Je ne vous cache pas que j’ai hésité entre « Nos voisins les Yamada » et un article généraliste sur la filmographie Ghibliesque, mais j’ai finalement opté pour celui-ci, alors allons-y !


 

La magie Ghibli

 

 


http://www.manga-toys.com/im/articles/totoro.jpgJe ne vais pas m’étaler sur l’historique de l’un des plus célèbres studios de l’histoire de la Japanimation, cependant, force est de constater qu’Arrietty est parvenu à capter par moment l’essence même de ce que je nommerai avec une grande subjectivité « la magie Ghibli ».

 

Mais qu’est-ce que la magie Ghibli  selon moi ? Et bien dans un premier temps, il s’agit, en partant d’une base très simple,  de créer une histoire onirique et épurée. Hayao Miyazaki, à l’inverse de son confrère Isao Takahata, réutilise la plupart du temps la même mécanique dans la construction de ses récits. On a donc droit à la traditionnelle rencontre entre un jeune homme et une jeune fille, un rythme à la fois épique et apaisant, ect. Le charme opère à tous les coups, la patte Ghibli fait son effet et on se laisse tous gentiment avoir.


Dans un second temps, il faut que le film réussisse à s’emparer des cœurs des spectateurs adultes et enfants. La plupart des gens sont unanimes à ce sujet, j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en rediscuter cette semaine, mais devant «Totoro», nous retombons tous en enfance.


http://www.studioghibli.fr/wp-content/uploads/2009/07/mes-voisins-les-yamada-01-g.jpgLes Ghibli font souvent échos  au gosse qui est encore enfoui en  nous, ils l’invitent  à remplacer l’adulte responsable que nous sommes (hélas) devenus et il se laisse emporter par le côté merveilleux de ces œuvres. Soulignons que le travail de Joe Hisaichi à la BO joue un rôle essentiel dans l’immersion de ces bijoux d’animation.


Bref, passons au troisième point : le message subliminal. Quelques films osent tenter le pari d’insérer des idées que les adultes auront la possibilité de déchiffrer pendant la durée de l’œuvre. On se souvient évidemment du médiatique «Princesse Mononoké», mais aussi  de «Pompoko» et du moins connu «Nausicaa de la Vallée du vent». Pour ces 3 longs métrages, le message sous-jacent reste le même : l’écologie.


 

“Karigurashi no Arrietty”, Hiromasa Yonebayashi



 Quand on se souvient du dernier projet en date où Miyazaki avait passé les commandes à son fils, on prend un peu peur. Non pas que «Les contes de Terremer» était mauvais,  cependant il n’était pas doté du même gage de qualité que la plupart des films Ghibli.


En remontant plus loin que «Les contes de Terremer», on se rend compte que des réalisateurs autres que  Miyazaki ou Takahata ont participé à l’image de marque du studio ; je pense notamment au sympathique «Le royaume des chats» ou au superbe «Si tu tends l’oreille» du regretté  Yoshifumi Kondō, pressenti à l’époque comme le digne successeur de Miyazaki. «Les contes de Terremer» s’inscrit donc comme une petite faute de parcours, accueilli avec des avis mitigés partout dans le monde.

 

 

http://www2.pictures.zimbio.com/gi/Hiromasa+Yonebayashi+Kari+Gurashi+No+Arrietty+suzzOMXFSGJl.jpg


Maintenant, la question que vous attendiez tous : Arrietty est-il un Ghibli de meilleure facture que celui de Goro Miyazaki ? S’approche-il du talent de ses aînés qui s’en sont sortis sans les pères fondateurs du studio derrière eux ? A mon sens, oui. La réalisation est impeccable et le scénario dépossédé de lourdeurs (signé ici par Hayao Miyazazaki) est suivi au pied de la lettre, c’est parfait.


MAIS ! Car oui, il y a un MAIS


Si le travail de Yonebayashi est admirable pour un premier passage à la réalisation, il y a encore matière à s’améliorer.


Yonebayashi fait passer sans aucune pincette le même message que dans «Pompoko» ou «Nausicaa de la vallée du vent». Là où ses prédécesseurs ont su faire preuve de subtilités dans leurs propos, le bât blesse pour «Arrietty» qui est trop brut de décoffrage.


http://www.celluloidz.com/wp-content/uploads/2011/01/c4d02209arrietty2.jpg

 

La scène où se passe cette terrible preuve de maladresse reste pourtant l’un des moments les plus féeriques de cette dernière mouture Ghibli. La verdure éclatante, le petit ruisseau au loin, ce ciel bleu clair, cette musique enivrante et en parfaite adéquation avec la nature, la déception est vite rattrapée par ce passage exemplaire et typique de la "magie" du célèbre studio.


Autre mauvais point, la grande «méchante» de l’histoire qui est insipide. On aurait pu espérer mieux, le studio japonais a toujours su fournir un boulot remarquable concernant le background de ses antagonistes… Ici, ce n’est pas du tout le cas.

 

Dernière chose, si la rencontre entre un jeune homme et une jeune fille est bien présente, elle aurait gagné à être plus recherchée. Oui, Shô est touchant, mais il aurait mérité un rôle un peu moins effacé, moins fade, moins éteint,  même si j’imagine que sa maladie a fait que les producteurs ont préféré le mettre en retrait. A contrario, il n’est pas gênant de ne pas trop en savoir sur le passé des Chapardeurs, on aurait traîné en longueur et Arrietty est très bien développée ainsi.


http://cdn1.wakanim.tv/reports/karigurashi-no-arrietty-la-critique/karigurashi004.jpg

Les 90 mn de la pellicule  se déroulent dans une maison de campagne, mais cette dernière, du point de vue de la petite famille de l’héroïne, nous apparaît comme un monde à la fois hostile et enchanteur, garni de décors somptueux, là ou il reste banal pour la famille humaine qui l'occupe. Comme dit plus haut, certaines scènes sont de véritables réussites : le premier chapardage d’Arrietty sera, à n’en pas douter, une scène culte dans les années à venir, en particulier le moment de "l’ascenseur".

 

Doit-on s’insurger contre ces fausses notes ? Non bien sûr, il ne faut pas blâmer ce premier essai de Yonebayashi qui s’en tire plutôt bien au final.


 

Joe Hisaichi, remplacé par une Frenchy


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Après de nombreuses collaborations avec le père fondateur du studio, Joe Hisaichi laisse cette fois-ci sa place à Cécile Corbel. A la base, la jeune femme envoie son album à Ghibli pour les remercier de l’énorme source d’inspiration qu’elle a puisé dans leurs films. A mon avis, elle voulait tenter sa chance… Dans tous les cas,  le fait est que Karigurashi no Arrietty est en production à l’époque et l’équipe du film cherche un compositeur. C’est chose faite avec l’arrivée du CD de Corbel.


Il y avait bien sûr de quoi inquiéter les aficionados Ghibliens : après avoir appris que Miyazaki laissait encore une fois sa place à un débutant dans la réalisation, la prod confiait désormais la création de la  BO à une française venue de nulle part ! Joe Hisaichi est tout de même l'un des 10 plus grands compositeurs sur terre, l'échanger contre une française s'apparentait presque à de l'hérésie.

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Mais que nenni, la BO du film est une petite tuerie, la french touch n’enlève rien au film, au contraire, les morceaux à forte connotation bretonne collent parfaitement à l’histoire. Le succès est au rendez-vous, je pense même que l’on peut dire que cette compositrice va ouvrir la voie à d’autres musiciens occidentaux.

 


En bref


Arrietty est le premier bébé de Hiromasa Yonebayashi, il est donc maladroit dans les messages qu’il cherche à véhiculer, et peine par moment à égaler ses aînés. Il est néanmoins doté d’une réalisation impeccable et demeure empreint de l’essence même d’un bon Ghibli. Il lui manque ce petit rien pour devenir un incontournable du studio.  Arrietty, le petit monde des chapardeurs reste malgré tout un premier essai réussi, un diamant brut qu’il aurait fallu polir un peu plus.

 

 

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[Critique Anime] L'odyssée de Kino


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J’ai enfin vu Kino No Tabi, et croyez-moi sur parole,  j’ai eu raison de franchir le pas. Cette sympathique série en 13 épisodes inspirée d’une série de  roman de   Keiichi Sigsawa s’inscrit dans le registre des animés contemplatifs  et tranche de vie, à l’instar de Mushishi et  Bartender.

 

 

 

Un épisode, une histoire

 


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A l’exception d’un double épisode, Kino no Tabi peut se voir dans le désordre. L’ordre chronologique de la série n’a que peu d’importance puisque chaque opus s’ouvre sur une nouvelle histoire.  Le concept est simple : le personnage principal est une voyageuse qui se donne pour principe de ne rester que 3 jours dans le même « pays ».

 

Pays qui n’a de pays que le nom d’ailleurs, puisqu’il s’agirait plutôt de villes. Ce gimmick n’a pas le temps de devenir redondant puisque KNT ne traîne pas en longueur le long de ses 13 volets, les histoires étant à chaque fois différentes et nous présentant  un « pays » aux coutumes et technologies plus ou moins avancées. Les différents personnages que seront amenées à rencontrer Kino et sa « motorad » (une motocyclette parlante baptisée Hermes) reflètent les meilleurs et les plus mauvais aspects de l’être humain. Ces côtés sont bien sûr exagérés, mais ce miroir que tend à être Kino de notre réalité est criant de vérité. On regrettera cependant que l'animation ne soit pas plus "poussée" même si elle a déjà un niveau très correct.

 

 

Philosophique et poétique

 




http://cdn3.iofferphoto.com/img3/item/208/360/838/kino-s-journey-kino-no-tabi-complete-76e40.jpg« Le monde n’est pas beau, c’est pour ça qu’il l’est ». L’ensemble de cette série repose sur ce principe dont il ressort à la fois ce qu’il y a de plus merveilleux et terrible dans la nature humaine. Kino est le témoin de ce monde qu’elle ne tente pas de comprendre. Elle se contente de se laisser porter par les évènements, et d’agir en conséquence.

 


Si la poésie de KNT est présente dans ses paysages verdoyants, dans son chara-design simple mais enchanteur ainsi que dans sa bande-son,  elle l’est aussi dans sa violence.  Cette violence nous apparaît ici plus choquante, en partie à cause du rythme posé de la série à l'opposé de l'instantanéité de la brutalité. Ce contraste est amplifié par le fait qu’elle soit l’ultime recours du protagoniste principal, qui n’hésite pas à tuer avec sang-froid ses adversaires pour sauver sa peau. Malgré tout, la cruauté de ces scènes demeure splendide à regarder, grâce à une mise en scène sobre et efficace.

 

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L’odyssée de Kino ne fait pas de véritable constat sur l’humanité, on préfère ici se poser des questions sur l’existentialisme, sur ce qui justifie ou non nos actes.  Hermes s’interroge sur les coutumes et les traditions des différents endroits  qu’elle visite avec sa partenaire humaine, tandis que celle-ci répond à ses interrogations, nous offrant un brin de réponse qui n’engage qu’elle.


Ce détachement des personnages (même si Kino s’implique un peu plus selon les épisodes)  leur permet de comprendre avec  recul le monde qui les entoure,  et de cela découle des dialogues entre la machine et la jeune fille plein de réflexions: qu'est-ce qu'un homme ?



Un personnage principal mystérieux


 

Kino possède un point commun avec les héros de Mushishi et Bartender : on ne sait que très peu de choses sur elle.  Ses nombreuses conversations avec Hermes nous permettent de découvrir une enfant  qui rêvait de voyager, qui est visiblement instruite et fait preuve d’une grande curiosité. En dehors de cela, nous ne savons rien  de son passé.  

 

 

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L’épisode qui lui est consacré ne nous apprends que sa rencontre avec sa comparse, rien d’autre : nous ne savons rien de son maître, ni de son entraînement…  Un film se penche sur ce pan de sa vie que nous n’avons pas eu la chance de découvrir dans l’animé, il est donc fortement conseillé de le regarder afin d’en savoir plus sur elle. Ce film s’intitule  « Nanika o Suru Tame ni » et est donc une préquelle à l’anime, d’une durée de 30 mn. Il n’est pas gênant de ne pas connaître le passé de Kino dans la série, mais il faut avouer que l’on a tout de même envie d’en savoir un peu plus au bout de 13 épisodes.

 

Pour finir


 

Kino No Tabi est une œuvre à part qui vaut son pesant d’or : véritable éloge au genre contemplatif et reflet réaliste de la nature humaine, cette perle se distingue grâce à son ambiance à la fois poétique et philosophique. Un must see !

 

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[Test] Chrono Trigger

 

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Vous savez quoi ? J’ai longuement hésité aujourd’hui. Il y a peu de review sur les animes et les jeux vidéo dans ce blog. Finalement, mon choix s’est penché sur les jeux vidéo.  En féru de RPG que je suis, j’ai dû faire un choix cornélien, qui s’est finalement porté sur cette merveille venue de l’âge d’or de Squaresoft : Chrono Trigger.


 

Ah, la belle époque de la SNES !



Il y a des jeux qui, au fil des années, restent intemporels et continuent de susciter l’admiration de tous. Chrono Trigger fait partie de la trempe de ces jeux qui vous marquent à tout jamais, vous laissant l’empreinte du bon goût au bout des doigts.

 

Pour l’époque, l’animation du jeu est tout simplement superbe : les rideaux volent face à une brise légère, les feuilles tombent des arbres… Pour de la 32 BIT, laissez-moi vous dire que ce souci du détail faisait la différence entre le bon et le mauvais jeu aux yeux des gamers. Les développeurs ont su exploiter au maximum le moteur graphique de la console pour nous fournir un jeu au chara-design soigné et signé Akira Toryama.

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D’ailleurs, quel bon goût que d’avoir fait appel au papa de Dragon Ball ! Son dessin se prête merveilleusement à l’univers des RPG de type héroïc- Fantasy comme on a déjà pu le voir dans la saga Dragon Quest. Le bestiaire est varié, les héros sont classes, merci Toryama.

La map, à défaut d’être immense, change tout au long du jeu : effectivement, Chrono Trigger est une histoire de voyages dans le temps, par conséquent vous serez amené à visiter des époques (7 au total) ou la verdure foisonne autant que les dinosaures ou bien dans des environnements plus chaotiques et sombres.


 

Une équipe de rêve



Avant même que le jeu ne sorte, les joueurs devaient probablement sentir la future  qu’annonçait Square. Effectivement, aux commandes de ce jeu mythique, nous retrouvons :

-Hironobu Sakaguchi qui est le créateur et producteur de la saga des Final Fantasy, rien que ça. Ici, il supervise le projet de Chrono Trigger, et cela se ressent fortement, on y reviendra dans la partie Gameplay.

-Yuji Hori, lui aussi créateur et producteur d’une saga rivale à celle de son confrère : Dragon Quest. Il s’occupe du plan du scénario, lui qui est assez fan des jeux ayant pour fond les voyages dans le temps.

 

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-Masato Kato (Script de Xenogear), Yoshinori Kitase (scénariste et directeur du FF 6,7 et 8) et Takashi Tokita (au scénario sur FF4) s’occupent respectivement d’étoffer le scénario avec des histoires sous-jacentes.

-Nonuo Uematsu, compositeur de la plupart des Final Fantasy, qui fait équipe avec Yasunori Mitsuda pour l’occasion (qui plus tard travaillera sur Xenogear puis Xenosaga).

Avouez qu’il y avait de quoi bander tout de même. Pardon, je m’emporte, mais cette dream team n’augurait que du bon et n’a fait que confirmer cette impression à la sortie du jeu : le succès est au rendez-vous et planétaire, la critique en plus des joueurs ovationnent le jeu.


 

Une quête principale passionnante



Un RPG classique, c’est l’histoire de héros qui vont devoir péter sa gueule au mal pour faire revenir la paix dans leur monde. Ce scénario basique est pourtant la recette du succès, encore aujourd’hui. Alors comment changer ladonne ? Comment faire preuve d’originalité ? Comment propulser un jeu au rang de "culte" ?

 

Et là SHBAM : Yuji Hori aime les voyages dans le temps. Il sera question d’un jeu où les différentes actions du joueur influent sur le cours des événements. Si Chrono Trigger se finit en moyenne assez rapidement (20 heures à tout casser), la richesse de son histoire nous laisse l’opportunité de terminer le jeu de 12 façons différentes (13 avec le remake de la DS). Oui tu as bien lu, 13, comme le dernier FF sorti.

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Cette possibilité  rallonge de ce fait considérablement la durée de vie du jeu et renforce le côté génial de son concept de base : en fonction de vos actions, il est possible de changer le futur de vos héros. Et ça, c’est le bien.

N’oublions pas de préciser que les sous-quêtes sont très nombreuses et intéressantes. Comme je le disais plus haut, à défaut d’avoir une carte du monde gigantesque, vous avez la chance de la voir à 7 époques différentes, de la préhistoire au futur en passant par le moyen-âge. Ces voyages vous permettent de rencontrer de nouveaux alliés aux capacités complémentaires, mais aussi de découvrir un nouveau bestiaire ayant d’autres points faibles/forts. Les décors eux aussi changent, ah ke c’est ke du bonheur !


 

Gameplay



Je vous ai déjà parlé de l’une des spécificités du gameplay, à savoir les voyages dans le temps et ses conséquences en fonction des choix que vous ferez. L’autre gros morceau, c’est bien sûr le système de combat, qui était assez novateur à l’époque.

 

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Les monstres que vous affrontez sont invisibles sur la map, mais apparaissent dès lors que vous rentrez dans une grotte ou une forêt. Vous avez donc le choix de les affronter, les assommer avant d’entamer un combat ou bien de les éviter, comme dans Secret Of Mana. Parfois le combat est inévitable (embuscade/poursuite de monstre qui vous rattrape).


Sauf que Secret Of Mana est un A-RPG et que Chrono Trigger se joue au tour par tour… Les développeurs ont effectué un mélange des genres : vous pouvez voir les monstres comme dans SOM, mais le système de combat adopté est celui de l’ATB (Active Time Battle) apparut depuis FF 4.

 

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Outre cette fusion des genres réussie, l’autre grosse innovation du jeu consiste en des attaques groupées avec votre équipe. Vous avez donc un certains nombres des skills propres à chaque héros, qui peuvent s’unir pour effectuer des combinaisons en duo, voire en trio. A vous de trouver toutes les combinaisons !

Nous avions aussi droit aux énigmes et autres stuff qui accompagnent habituellement les RPG, mais la difficulté du jeu n’était pas bien grande. Ce qui rendait principalement ce jeu additif, c’était son gameplay carrément bien ficelé.

 


Une Bande-son d’exception


 

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Quand on va voir au ciné un film comme « The Expendables », on sait très bien à quoi s’attendre : un film de bourrinos plein de testostérone et de sang. Ben c’est pareil pour la bande-son de Chrono Trigger : tu vois Nobuo Uematsu et Yasunori Mitsuda, dans ta tête tu te dis « ça ne peut qu’être bien »… Et tu as raison.

 

Je ne m’y connais en terme de musique, donc je ne vais pas te mentir en te disant que les tonalités sont justes, que les accords sont parfaits, non… Je vais te parler de mon ressenti personnel, ça sera bien mieux.

 

Wahou ! Voilà j’ai fini. Non plus sérieusement, j’ai été complètement happé dans cet univers. Déjà que le travail global qui a été fourni dans ce jeu est énorme, la musique a fini de m’achever comme pour « Zelda Ocarina Of Time ». C’est beau, c’est entraînant, tu réécoutes le truc 20 fois et putain… Tu ne t’en lasses toujours pas. C’est là que les bons et les mauvais compositeurs se démarquent sûrement.  Allez je vous mets mon ost préférée, frissons garantie :

 

 

 


 

 

 

 

Je suis absolument envoûté quand je l’écoute, les bons souvenirs remontent, les larmes me montent aux yeux… CMB. Désolé, c’est le trip du moment dans mon forum, j’ai pas pu y résister.

 

 

Pour finir

 


Si je n’ai pas réussi à vous convaincre avec ce putain d’article de fanboy, je ne sais plus quoi faire. Chrono Trigger est une expérience à part, une réussite en tous points venue de l’âge dorée de Square. Voilà un jeu comme on en fera peut-être plus jamais, je vous invite de préférence à tester l’opus sorti sur SNES, sinon jetez-vous sur vos PS1 ou sur le remake de la NDS. Sachez qu'il y a eu une suite à Chrono Trigger intitulé Chrono Cross.

 

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GTO VS Rookies

 

Qui a copié qui ? Y a-t-il seulement eu copie ? GTO et Rookies possèdent de nombreux et troublants points communs entre eux ce qui conduit les lecteurs à se demander s’il n’ y a pas eu plagiat quelque part. Mais les internautes ne voient souvent pas plus loin que le bout de leur nez. GTO et Rookies font office de dizygotes plutôt que de monozygotes malgré leurs ressemblances… Explications ci-dessous.

 


Les mangakas


 

Il est nécessaire de se pencher sur  un point important, avant même de vous forger une opinion et de préférer l’un des deux titres à l’autre. Masanori Morita (Rookies, Racaille Blues) et Tôru Fugisawa (YGTO/GTO/Shonan 14th days/Rose Hip Rose/Tokko) ont tous deux auparavant réalisés un shônen de Furyo qui rencontra à son époque un succès certain. Pour le papa de Rookies, il s’agissait du cultissime Racaille Blues, tandis que du côté du père Fugisawa, c’était Shonan Junaï Gumi.

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Le premier à avoir pondu son bout de chou fut… M. Morita, en 1988, tandis que Fugisawa n’arrive que deux ans après lui.

 

En revanche quelques années plus tard, GTO est publié  avant Rookies, les rôles sont ceete fois-ci inversés. Si je fournis des détails concernant  ces œuvres qui sont toutes deux antérieures à GTO et Rookies, c’est pour vous faire comprendre une chose : il n y a point eu plagiat.


Je vois partout sur le web des internautes prétendre que Rookies est un gros plagiat de GTO car publié après lui. Cependant, ne peut-on pas dire de Shonan Junaï Gumi qu’il a su surfer habilement sur la mode des shônen furyos lancée par Racaille Blues à l’époque ?  Non. C’est une accusation ridicule et sans fondement, il en est de même concernant ces deux œuvres.


Les deux mangakas ont tout simplement un parcours similaire. Pas identique ou plagié, similaire. Pour les cinéphiles, c'est un peu comme si l'on comparait le parcours de Robert de Niro et celui de Al Pacino.

 

 

Eikichi Onizuka et Koichi Kawato


 

D’un côté : Eikichi Onizuka, 22 ans, puceau, célibataire et libre comme l’air. De l’autre : Kawato Koichi, 24 ans, lui aussi célibataire (mais on ignore s’il est puceau malgré sa grande timidité et il n’est pas libre comme l’air).

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La vingtaine passée, tous deux sont des jeunes hommes idéalistes, dotés d’une force et d’une résistance surhumaine, ayant pratiqués  le Karaté (même si le premier amour d’Onizuka reste la baston de rue). Ils sont tous les deux professeur et n’attirent pas systématiquement la sympathie de tous leurs collègues, même s’il semble qu’une jolie jeune femme ne soit, dans les deux cas, pas insensible à leur charme.


 

S’il est indéniable qu’ils se ressemblent, ils possèdent une histoire et un parcours bien différent. Onizuka, nous l’avons d’abord connu via le biais de Young GTO, où il était le roi de la baston dans sa région. On le retrouve quelques années plus tard, complètement paumé à Tokyo. Pour des raisons lubriques, il va se décider à embrasser la carrière d’enseignant… et plus ou moins par la force des choses, il y parvient. Bien que ne possédant au départ pas la culture et les bases nécessaires à l’enseignement de sa matière (effectivement, il n’a pas passé ses examens lui-même mais s’est débrouillé pour se trouver un sosie dans sa FAC), Eikichi finira par se trouver une véritable vocation dans cette branche.



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Se considérant encore comme un adolescent, il est à même de comprendre mieux que quiconque les problèmes de ses étudiants. De même, son expérience de la vie qui n’a pas toujours été facile lui donne un recul  sur bon nombre de choses, lui permettant d’appréhender sous tous les angles les problèmes que rencontrent ses chérubins.


Ses méthodes sont parfois extrêmes et peu conventionnelles mais c’est ce qui les rendent si efficaces. Ses cours délirants où l’autodérision est de mise,  lui permettent  de se mettre sur un pied d’égalité avec ses élèves, qui finissent inévitablement par se rapprocher de lui. S’il n’est pas un pédagogue au sens propre du terme, il le reste au sens large.

 

 

De son côté, Kawato a un passé radicalement différent de celui de son confrère.  Tout d’abord, c’est un personnage instruit. Ses diplômes de professeur,  il a tout simplement travaillé pour les décrocher depuis le lycée.


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Ses nombreuses citations témoignent souvent de ses convictions personnelles et de sa grande culture. C’est un homme si pur qu’il ne peut presque pas empêcher ses pulsions de parler : lorsque l’on bafoue des principes qui lui tiennent à cœur, il n’est pas rare de le voir serrer des dents et du poing. Gare à celui qui oserait se moquer du rêve de l’un de ses élèves, c'est un sang chaud !


 

 

A l’inverse d’onizuka qui élucide les soucis de ses élèves un à un, Kawato va préférer se concentrer sur un groupe de jeunes Yankees, dont le rêve était de participer au tournoi de baseball national. N’y connaissant rien à cette discipline, mais ayant toujours souhaité faire un sport d’équipe que son père lui interdisait pour qu'il se consacre à la pratique du Karaté, il va se faire une joie de remettre sur pied le club de baseball. Il devra faire face aux furyos du club qui ne sont pas forcément tous d’accord à l’idée de retenter leur chance. Son enthousiasme débordant finira bien sûr par convaincre tout le monde et nous apprendrons très vite comment le rêve de ces ados s’est vu subitement brisé.

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Ce qui est intéressant avec Kawato, c’est qu’il tente aussi de se racheter suite à une « faute » dû à sa grande impulsivitéqu'il a commise dans son ancien établissement, ce qui lui coûta son poste. On suit donc d’un côté la rédemption de cet homme qui a vraiment à cœur de bien faire son boulot de professeur et d’aider ses élèves.


 

Des voies différentes



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Si les bases de ces deux shônen prennent un cheminement commun, leur développement finit par différer complètement. GTO  va plutôt nous fournir un pastiche varié d’élèves représentatifs de la société japonaise. Comment ne pas être touché par l’histoire de Noboru, martyrisé par les filles de sa classe car plus frêle qu’elles. Il apparaît comme l’exutoire de ces demoiselles, frustrées et aigrises du monde qui les entoure. Les portraits sont nombreux et souvent intéressants à découvrir non sans être accompagné d'un humour jubilatoire.

 

Rookies va prendre une orientation plus Spôkon : le baseball prend une part importante, canalisant la colère des protagonistes, leur permettant de se surpasser et de se focaliser sur des objectifs à atteindre. Les valeurs que transmet ce sport d’équipe est en adéquation avec le personnage de Kawato, véritable bout en train gentillet dont le débordement de positivité ne nous gave jamais.

 

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Les gosses de chacun de ces titres ont dû faire face à diverses désillusions de la vie. Pour les petites frappes de Rookies, c’est bien sûr l’injuste interdiction  de ne pas pouvoir participer au Koshien. Mais au-delà de ça, toutes ces chères têtes blondes ont une crainte qu’ils ne parviennent à vaincre seul : le manque de cran, la peur de l’échec, la peur d’être rejeté… Ici, il est donc plutôt question de "reprendre confiance en soi" de manière générale.


C’est un poil différent pour GTO. Ces bambins, conditionnés pour faire un parcours sans faute, se voient complètement perdus et démunis lorsqu’ils goûtent à l’échec. Dans une société où le moindre faux pas est considéré comme une faute grave, nos professeurs sont comme des anges leur permettant de tomber pour mieux se relever.


Eikichi devient le bon copain à qui l’on peut se confier d’égal à égal, celui qui relativise les choses et tente de résoudre les problèmes  à sa façon. Des problèmes qui ne touchent pas qu'au manque de confiance contrairement à Rookies (la plupart du temps). Kawato, plutôt que de trouver une solution à l’amertume de ses yankees, préfère les pousser à changer grâce au baseball, ce qui finit par redorer le blason de leur club. C’est ici le véritable point commun qu’il y a entre ces deux œuvres : la proximité prof/élèves.


 

Conclusion


 

Rookies et GTO sont des titres plus dissociables qu’il n’y paraît en dépit de leurs similitudes. Rookies préfère se concentrer sur un petit groupe d’élèves et finit par prendre des allures de pur shônen sportif, avec une dose savamment pensée de relation prof/élèves. GTO se focalised’une ligne droite où l’on peut cependant découvrir des cas sociaux plus variés. Dans les deux cas, ce sont des MUST READ. Jetez-vous dessus !

 

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